Appel à soutenir la candidature d’Ada Colau, aux municipales de Barcelone

Appel à soutenir la candidature d’Ada Colau, aux municipales de Barcelone

Depuis mai 2015 et la victoire de Barcelona en Comú aux élections municipales, Barcelone s’est convertie en un ilôt d’espoir dans l’archipel des quelques bastions démocratiques d’un monde rongé par les crises écologiques, sociales et politiques qui menacent l’humanité.  Le 26 mai prochain, date des municipales espagnoles, la coalition citoyenne dirigée par l’activiste pour le droit au logement Ada Colau sera en lice avec la droite de Ciudadanos dirigée par Manuel Valls, celle qui s’est alliée avec l’extrême droite franquiste Vox au Parlement andalou.

En 2008, l’Espagne était au creux de la vague d’une crise économique sans précédent, conduisant à l’expulsion de 500 000 familles de leur logement entre 2008 et 2015. Malgré les mobilisations des indigné.e.s sur les places publiques en 2011, les législatives avaient conduit à l’élection par défaut d’une droite dure et conservatrice, alliée des integristes catholiques.   En 2015, c’est par le local, que les demandes d’une démocratie réelle ont trouvé leur expression la plus singulière. Le municipalisme espagnol est sans doute l’une des plus grandes sources d’inspiration pour réinventer la démocratie à partir d’enjeux très concrets du quotidien, dans un rapport de proximité permettant la démocratie directe.

L’expérience municipaliste de Barcelona en Comú, “confluence citoyenne” portée par des activistes venu.e.s de divers mouvements sociaux et renonçant à laisser le pouvoir aux sempiternels bureaucrates,  porte un espoir de reconquête démocratique pour l’ensemble du monde.  Elle démontre la possibilité pour des listes de mouvements, appuyés sur les mobilisations sociales et citoyennes, de renouveler la démocratie à partir du local.

En quatre ans de gouvernement, malgré une majorité très serrée au sein du Conseil Municipal de Barcelone et une décentralisation qui s’est étiolée ces dernières années en Espagne, laissant peu de marges de manoeuvre aux municipalités,  l’équipe d’Ada Colau a mis en oeuvre des politiques exemplaires pour réaliser le droit à la ville et contrecarrer la spéculation immobilière, construire des logements sociaux tout en luttant contre les expulsions de logement.

Elle a porté avec courage et détermination le devoir d’humanité des barcelonais en proclamant sur le fronton de la mairie “Bienvenue aux réfugié.e.s” et en mettant en place une politique d’accueil des migrant.e.s, dotée de moyens et comptant sur la mobilisation des citoyen.ne.s, en se mobilisant pour la fermeture du centre de rétention de Zona Franca.

Elle a mis en oeuvre des politiques municipales pour lutter contre le changement climatique à travers un urbanisme respectueux de l’environnement et le développement des espaces publics, le renforcement sans précédent des transports en commun et des circulations douces.

Elle a favorisé le développement des circuits courts et de l’économie coopérative.  Elle a affirmé la souveraineté locale face au développement d’un tourisme extractif, en adoptant un shéma directeur pour limiter le développement touristique dans des zones saturées et mieux répartir la manne financière des revenus du tourisme.  Elle a lutté contre la ségrégation socio-spatiale, en priorisant les investissements et en renforçant les services publics dans les quartiers les plus populaires de la ville.

Elle a développé la démocratie directe dans les quartiers, en renforçant les organisations d’habitant.e.s et en mettant en place des réunions dans l’espace public et des plateformes de participation en ligne basées sur des logiciels libres. Les élu.e.s de Barcelona en Comú ont fait preuve d’exemplarité, en adoptant un code éthique qui limite à 2 100 euros leurs indemnités mensuelles, reversant le reste à une fondation au service de projets sociaux et écologiques.

Barcelone a protégé les biens communs en mettant en place une entreprise municipale d’énergie, contre-carrant les tarifs prohibitifs des entreprises monopolistiques de gaz et d’électricité et elle a engagé la remunicipalisation de l’eau. Barcelone a également combattu les multinationales comme Airbnb, en contrôlant les locations touristiques qui se font au détriment de l’accès au logement des résident.e.s.

Elle a mis en place un plan de développement des entreprises du numérique au service du bien commun pour contre-balancer le modèle tout puissant de contrôle généralisé de la smart city.  Elle a pris sa part de responsabilité pour un monde plus juste, en consacrant 0,7% du budget municipal à son programme de justice globale, soutenant notamment des projets en Palestine et favorisant l’éducation à la citoyenneté mondiale et la lutte contre le racisme.

Elle a mis en place un réseau de villes rebelles, “les villes sans peur”. Elle s’est affirmée comme une ville de droits humains, luttant contre toutes les formes de discriminations et affirmant la centralité des droits culturels et de l’expression artistique au coeur de l’espace public.

Barcelone se revendique féministe.  Barcelona en comú défend la féminisation de la politique, non seulement comme la parité dans les assemblées locales mais comme le fait de faire de la politique autrement, en se mettant à l’écoute des demandes sociales, en coopérant sans pour autant nier la conflictualité propre à toute société démocratique.  Bref, en sortant de la compétition, apanage d’une société patriarcale.  De plus, l’équipe municipale  a remunicipalisé les services d’aide aux victimes de violences machistes, renforçant ainsi leurs moyens et sortant de la précarité des centaines de travailleuses sociales.

Cette liste n’est pas exhaustive, et pourtant elle ne résulte que du volontarisme et de l’incroyable capacité créatrice de quatre ans de politiques municipales qui place sans équivoque les gens au coeur du projet de gouvernement, un projet qui consiste à “gouverner en obéissant”, adage zapatiste souvent cité par les élu.e.s. Il reste bien d’autres tâches à Ada Colau et à son équipe. C’est pour cela qu’il est aujourd’hui déterminant de leur apporter notre soutien pour poursuivre leur mission au service du bien commun.

Barcelone est un terrain d’affrontement symbolique, entre nationalisme et multiculturalisme, entre accaparement des richesses et biens communs, entre le fatalisme politique et l’espoir de réinvestir le champ de la transformation sociale  à partir de l’échelle immédiate du quartier et de la ville, entre l’aveuglement de la croissance illimitée et la souveraineté économique locale.  Ada Colau est la grande figure de ce ce combat.  Apportons à la liste qu’elle conduit notre soutien pour le 26 mai.

Premiers signataires : Magali Fricaudet (Barcelona En Comú Global, Commission Francophone), David Gabriel Bodinier (Atelier Populaire d’Urbanisme – Grenoble)

(merci de rajouter vos noms et répondre à ce mail avant le 10 mai et de mettre en copie global@bcnencomu.cat en mentionnant votre nom, prénom et qualité, organisation.

Vous pouvez également rejoindre Barcelone en participant à la BRIGADA du 21 mai au 26 mai 2019 en remplissant le formulaire :  https://barcelonaencomu.cat/es/la-brigada

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *